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Dimanche 11 Juin 2006


TINARIWEN, nous offre un magnifique 
album, Amassakoul qui sort le 20 avril !

(Triban Union/Emma Prod°/Island/AZ)

Voir les dates de la tournée !

Tinariwen fut le premier groupe touareg à émerger des sables sahariens. Issus du peuple nomade le plus fascinant au monde, on peut dire que ces musiciens ne pouvaient mieux rêver qu’une naissance artistique vagabonde, le long des pistes reliant le Mali, l’ Algérie et les oasis libyennes. Ou ne pouvaient rêver pire, car c’est poussés au déracinement et à l’exil par des conditions économiques et dans des circonstances politiques sévères qu’ Ibrahim, Keddu, Hassan, Enteyeden et Mohamed dit « Japonais » se sont rencontrés à la fin des années 70 pour former un ensemble appelé alors Taghreft Tinariwen ( « le groupe des déserts »). Difficile dans leur cas de parler d’une carrière, voire d’une trajectoire, tant ces vingt et quelques années ont  été une somme ininterrompue de galères, de ruptures, d’incertitudes et même de combats.


TINARIWEN, le blues de l’homme bleu

 

 

 


La musique et la poésie ne traversent que rarement les sentiers de la guerre. Faire le soldat ou versifier, voilà deux activités qu’il est à priori difficile de mener de front. Si les poèmes de Case d’Armon ont conservé un accent unique dans  l’histoire de la littérature c’est qu’ Apollinaire les a composés pendant sa convalescence après avoir été blessé dans les tranchées de Champagne en 1916. 

Leur lecture prouve combien le poète en lui, bien que soumis au feu des batteries ennemies, n’a jamais reculé devant l’artilleur, poste qu’il assumait par devoir. Ainsi surgissent les chansons de Tinariwen, en embuscades derrière une dune de sable dont la crête délimite  la sphère propre à l’artiste, de celle réservée à l’homme d’arme. 

L’image la plus saisissante devant contribuer à forger la légende de ce groupe vraiment à part reste celle de Keddu Ag Hossad, partant à l’assaut du poste militaire malien de Menaka près de la frontière nigérienne, une kalachnikov à la main, une guitare électrique dans le dos. Cette offensive du 30 Juin 1990 sera l’ amorce de la seconde rébellion touareg qui durera 3 ans et fera des milliers de victime. Pendant le conflit, Tinariwen va assumer une fonction « double lame », maquisards engagés dans la lutte de libération de la région de l’Adrar des Ifoghas, au nord du Mali, poètes musiciens se construisant style et répertoire dans les veillées d’après combat. Pareille ambiguïté encombre nos esprits rationnels peu habitués à voir des individus embrasser des vocations rivales. 
Pour un touareg cette nature, loin d’être duelle, confirme au contraire l’ appartenance à un peuple et le lie à une histoire. Car la poésie fut longtemps pour les gens du désert une autre façon de faire la guerre. Comme la danse, où interviennent fréquemment les sabres, en est le prolongement chorégraphié. Quand les fusils refroidissent, les rimes  ne tardent jamais à siffler en relais.

 

 

Avant tout, un touareg se doit d’apprivoiser un environnement hostile, le Sahara, et une langue, le tamasheq. Rétablis dans leur contexte géographique et linguistique, les hommes du désert cessent alors d’être des touaregs - mot impropre que leur attribuèrent les arabes et qui signifie  « abandonnés de Dieu »- pour devenir des imajeghen ( « hommes libres ») ou kel tamasheq (« qui parlent le tamasheq »), termes plus légitimes par lesquels se définissent leur essence et leur identité. Si la maîtrise de l’ espace a toujours découlé du contrôle des ressources d’eau, le verbe s’est quant à lui constamment abreuvé de métaphores et d’élégies. 
Comme si vivre dans cette immensité désolée exigeait que l’on étanche deux soifs plutôt qu’une, celle du corps, celle de l’âme. Préserver ou  conquérir des territoires va générer de nombreux conflits,  entre tribus adverses, contre l’envahisseur français ou les états africains nés de la décolonisation. Peuplant tout un panthéon de héros dont les plus fameux Kaosen, Firhoun et Chokbo- vainqueur en 1894 de la colonne du commandant Bonnier à l’oasis de Takumbawt- font resplendir la bravoure de l’homme bleu jusqu’à nous. Quant à la passion de la langue, elle produira tant de vers, et d’une telle richesse poétique, que Charles de Foucault, reclus dans la garnison de Tamanrasset, abandonna toute ambition évangélique pour se consacrer à leur traduction en français.

 

 

Tinariwen est le produit de ce monde, né de la prouesse d’une langue chantée et du verdict des armes ; aussi sûrement qu’ il est le reflet de son effondrement. Deux guerres contre l’état malien (1963-1990) et une série de catastrophes écologiques ont eu raison d’un mode de vie ancestral reposant sur le nomadisme pastoral. Avec la civilisation du méhari  menacée de disparition et une paix, signée en 1992, au goût amer, les chansons de Tinariwen portent le deuil de l’épopée des tribus sahariennes, et s’efforcent de deviner le  futur des générations qui  doivent leur survivre. 
La friction entre ce glorieux passé et un avenir incertain profite ainsi à l’embrasement de textes et de musiques dont l’esprit et la structure évoqueront pour beaucoup le blues des origines; sans doute parce que l’origine du blues se situe précisément dans cette région située de part et d’autre de la boucle du fleuve Niger. 
Ce blues de l’homme bleu fixe les sédiments de l’Histoire, récente et lointaine, d’une nation oubliée. Mais aussi des éléments musicaux traditionnels typiquement sahariens passés au filtre de la modernité par une instrumentation électrique, notamment les guitares, beaucoup de guitares. Pourtant pareille conjugaison n’aboutirait probablement à aucune vérité artistique si le destin personnel de chacun des acteurs de cette aventure n’y apportait son grain d’exil, de tragédie, de sublimation.

 

 

Avant Tinariwen, la notion de groupe musical n’existait même pas. Seules des ensembles ponctuels s’organisaient à la faveur des réjouissances coutumières dans les campements ou les oasis. La structure de base de ce qui s’appelait à l’origine Taghreft Tinariwen (« le groupe des déserts») fut le commando. C’est en effet dans un camp militaire libyen ouvert par le colonel Kadhafi pour accueillir et entraîner les réfugiés des pays voisins que se sont rencontrés les musiciens. Keddu, Ibrahim, Enteyeden et Mohammed dit « japonais », étaient à l’époque sous le commandement d’Iyad Ag Ghali, chef du Mouvement Populaire de l’Azawad luttant pour l’émancipation politique de la zone septentrionale du Mali. Ce même Iyad Ag Ghali ira jusqu’à financer le matériel du groupe, utilisant en contre partie certaines de leurs chansons comme outils de propagande pendant la rébellion des années 90. 
L’exil avait réuni dans les confins du désert ces jeunes  gens originaires de Kidal, capitale administrative de la région de l’Adrar. La musique soudera leurs talents. Enfant, Ibrahim avait quitté le Mali quand son père chargé de ravitailler en munition les maquis, fut abattu par les soldats. Les autres s’étaient enrôlés dans l’armée autant par conviction que par désœuvrement. Cette condition d’exilés-désœuvrés leur vaudra  le nom d’ « ishoumar » ; dérivé de chômeur le mot deviendra à force une sorte de marqueur métaphysique pour un style de chansons où l’être ne cesse de le disputer au néant. Car après le traité de paix, le retour au pays se révèlera si décevant que les Tinariwen consentirent à rendre leurs armes, mais pas leur guitares.

 

 

Depuis ces temps inauguraux, les choses ont bien changé. Keddu est parti s’installer de l’autre côté de la frontière algérienne. Enteyeden est mort d’un cancer de la gorge. Ibrahim préside désormais aux destinées de la tribu. A ses côtés on retrouve les fidèles lieutenants : Hassan, présent dès la fin des années 70 quand la petite troupe cherchait un point d’ancrage entre Tamanrasset et la Libye; et Abdallah qui apporte sa touche personnelle et contrastée, plus romantique et contemplative.  Japonais continue d’y faire des allers-retours. 
Mina et Wounnou en sont devenues l’indispensable objection féminine. Quant aux plus jeunes, Eyadou, Said et Elaga, ils complètent cette fratrie qui, née dans l’exil, a survécu dans l’instabilité. Après un discret premier album réalisé à l’énergie solaire dans les locaux de radio Tisdas, la station de Kidal, Amassakoul  immobilise enfin cette musique de l’errance. Ces onze chansons  mêlent le rythme envoûtant et la parole émouvante. Toutes possèdent cette texture de l’essentiel. 
Toutes sont le fruit d’une détresse, d’une espérance, que dépasse celui qui l’exprime pour mieux en  restituer une valeur propre à l’ensemble de la communauté. Chacune témoigne d’une part de vie singulière et commune à tous. Dans Arouane, Abdallah jette les bases du rap tamasheq pour nous dire combien le désert gagne peu à peu, jusqu’à l’intérieur des individus, jusqu’à recouvrir leur existence. 

Dans Oualahila Ar Tesninam , authentique rock’n’roll saharien, Ibrahim retrouve les accents de l’ insurgé  pour appeler à la seule révolte- celle de l’individu ensablé dans l’apathie et l’indifférence- qui aujourd’hui vaille la peine. Et dans Tenere Dafeo Nikchan, bouleversante psalmodie accompagnée au tindé, à la flûte t’zamârt  et à la guitare, il nous fait ressentir, à fleur de peau, ce qu’est l’ äsouf, solitude au sens physique et moral qui irrigue toute cette poésie des dunes. Comme habité par la présence des camarades tombés au combat, des amis disparus, des amours enfouis, ce moment, comme bien d’autres sur ce disque, nous rend joyeux d’être triste. Et laisse en suspens ces questions. L’âme des guerriers connaît elle la paix quand cesse l’aboiement des armes ? Les rêves du combattant lui sont ils rendus avec ses vêtements civils? Ou bien restent ils mobilisés sur les champs imaginaires de batailles sans repli ?

 

 

"TINARIWEN vient de perdre l'un de ses membres: la chanteuse Wounou WALLET OUMAR, qui assurait les chœurs avec sa soeur cadette Mina Wallet OUMAR......après une longue lutte contre la maladie, elle s’est éteinte dimanche 21 mars 2004 à l’hôpital de Bamako…..paix à son âme"
Samedi 10 Juin 2006

Takfarinas

Membre de la quatrième génération d'une famille berbèrede musiciens, Takfarinas grandit à Tiksraine dans la proche banlieue d'Alger. Vers l'age de six ans il se fabrique une guitare avec un bidon d'huile de voiture et des cables de freins de vélo. Très tôt il s'interesse aux artistes du monde de la chanson citadine ,parmi lesquels El hadj m'hamed el anka, le maitre Kabyle du chaabi Algerois , Cheikh El hasnaoui le chantre de l'amour ,Slimane Azem le poete fabuliste Ahmed Saber l'enfant terrible de l'ouest Algerien.

Après un premier prix obtenu à la radio Algerienne . il reçoit à seize ans une vraie guitare des mains de son père qui l'encourage à réaliser sa passion artistique! Il enregistre son premier album en france en 1979. Une voix timbrée au registre large, impose un style personnel ,et lui permet d'explorer plusieurs facettes de la créativité musicale. Dans ses paroles au verbe Kabyle pur se glissent des onomatopées, des cris, des appels "organisés" qui fondent un genre à lui,qu'il appelle YAL. Son mandole à deux manches dont il joue de façon magistrale, autorise une tonalité à deux couleurs : masculine et feminine, caractéristique de la musique traditionnelle berbère. En 1986 son double album weithelha (qu'elle est ...

Takfarinas

belle) et arrach (les jeunes) se vend à près de deux millions d'exemplaires . il est le seul après Idir à avoir ses chansons adaptées en arabe par d'autres .
Son succès commercial, ses concerts accompagnés par un ballet feminin de danse moderne et ses shows télévisés en font une star et drainent un public nombreux dans les stades. En 1994 son album "Romane" est classé 4eme du hit parade des World Music Europe Charts. En musique, Takfarinas utilise parfois des envolées de Canté Jando Algeriannisée. Des transpositions à l'octave, caracteristiques du Gospel Afro Americain, des citations parlé-chanté sur deux notes etc..

Après Romane (1994) et Salamet (1996), TAK revient en force avec un aélbum sublime Zaama zaama . certainement l'album le plus abouti. Takfarinas joue avec mandol électrique demi caisse à double manche pour varier les sonorités.
Dans cet album zaama zaama Il est accompagné par plusieurs musiciens du groupe Sixun dont Michel Alibo, Louis Winsberg, Karim Ziad...

A l'instar de la majorité des artistes Kabyle TAK est un chanteur engagé Son répertoire aborde des thèmes tels que la crise économique, la malvie de la jeunesse Algerienne resultat de la mauvaise gestion du pays depuis des decennies.
Tak chante aussi l'amour, avec beaucoup de franchise et de talent.

Samedi 10 Juin 2006
photo

Idir et la défense du berbère  


Idir.








 

Le chanteur algérien Idir lutte pour la reconnaissance du berbère dans son pays, aux côtés de l’arabe et du français. Pour être «un Algérien à part entière et non plus entièrement à part».

«Txilek elli yi n taburt a vava invba / ccencen tizebgatin im a yelli ghriba» («Je t’en prie, père Inouba, ouvre-moi la porte/ O fille Ghriba, fais tinter tes bracelets»). Ce refrain de la chanson kabyle «A Vava Inouva» a fait le tour du monde, au début des années 70. Mais seuls les quelque 12 millions de Berbères dispersés dans l’Afrique septentrionale et saharienne ont pu comprendre le sens de ces paroles. Cette chanson est pourtant devenue un «tube» international. Son auteur, le jeune Algérien Hamid Cheriet, a choisi le pseudonyme Idir («Il vivra» en kabyle). «A l’époque des grandes épidémies, on prénommait ainsi les nouveaux-nés pour conjurer le sort. Je l’ai choisi en pensant à ma culture, que je sentais menacée», dit-il.
Essentiellement concentrés dans les montagnes du Maroc et de l’Algérie, les Berbères parlent chaoui, chleuh, kabyle, mzab, rifain, shawiya, tshalhit, touareg, targui, tarifit, autant de dialectes du tamazight, leur langue maternelle, qui n’est reconnue comme nationale qu’au Niger et au Mali. Ailleurs, la berbérité est ignorée, voire bannie.
«On me donne un passeport algérien, mais il me faut une autorisation pour parler ma langue», proteste Idir qui, à l’instar du grand poète martiniquais Aimé Césaire, prête sa voix à «ceux qui n’ont pas de voix». Ecrire en français, la langue du colonisateur, dans laquelle il a fait toutes ses études — du primaire au doctorat en géologie —, ou en arabe, enseigné à l’époque comme seconde langue en Algérie, ne lui est jamais venu à l’esprit. «De toute façon, si je n’étais pas sorti de mon village, je n’aurais pas parlé un mot d’arabe» dit-il, avant d’ajouter: «Le français ou l’arabe me permettraient sans doute de faire passer mon message à un public plus large, mais je ne saurais ni comment m’y prendre, ni quoi dire».
Sa poésie vient naturellement en kabyle, langue des émotions et des premiers contes. Mais c’est aussi un choix: «Chanter en kabyle est en soi un acte de militantisme, une façon d’exprimer ma révolte, de dire que j’existe. Si j’avais fait un autre métier, j’aurais trouvé d’autres moyens pour exprimer les mêmes revendications».

Penser en français, pleurer en kabyle
La chanson est un accident de parcours dans la vie de Hamid Cheriet, né en 1955 à Aït Lahcêne, village reculé de la montagne Djurdjura, en Grande Kabylie. A l’âge de neuf ans, il suit son père à Alger, avec sa mère, sa sœur et ses deux frères. Il y fréquente l’école des missionnaires jésuites. «Etre kabyle passe alors pour une marque de dissidence bouseuse», remarque-t-il. C’est son professeur de sciences naturelles qui lui apprend à «gratouiller la guitare». Le futur géologue se met à composer dès l’âge de 16 ans et sympathise avec des chanteurs kabyles. En 1973, il est appelé à remplacer in extremis la célèbre chanteuse Nouara, empêchée d’interpréter en direct sur la radio kabyle d’Alger la berceuse qu’il a composée pour elle.
Le succès est immédiat. En 1975, il va à Paris pour signer un contrat avec Pathé-Marconi et il y reste. Depuis, l’enfant des Aurès ne cesse de défendre la culture berbère, prolongeant ainsi un mouvement lancé à partir des années 40 par de grands écrivains algériens tels que Jean Amrouche, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine. Pour ces pionniers, la défense de la langue berbère devait passer par le français, s’ils voulaient se faire entendre. Amrouche confiait: «Je pense et j’écris en français, mais je pleure en kabyle». Aujourd’hui, Idir peut aller plus loin.
Il revendique trois langues pour l’Algérie: l’arabe, le berbère et le français. «Je souhaiterais que l’Algérie tienne compte de ceux qu’elle a vu vivre sur sa terre, de ceux qui l’aiment et qui veulent la construire quelles que soient leurs origines, leur langue ou leur religion. L’islam n’a pas à être une religion d’Etat. La religion, c’est pour les croyants et non pour les gouvernements. L’arabe n’a pas à avoir un statut privilégié, sous prétexte qu’il est la langue sacrée du Coran. A plus forte raison l’arabe classique, langue aseptisée que le peuple ne comprend pas. Aucune langue n’est plus légitime qu’une autre, même si le berbère est chronologiquement la plus ancienne. Le hasard de l’histoire a installé ces trois langues sur cette terre. Elles doivent y rester».

Option facultative
Mais pour le moment, l’unique média en berbère sur le territoire algérien reste la radio kabyle mise en ondes en 1948, «la seule qui soit soumise à une commission de censure». Héritage français: «le berbère permet de gagner des points au baccalauréat, comme option facultative». Mais l’apprentissage de cette langue ne figure pas au programme de l’éducation nationale. Depuis son élection en avril 1999, le président Abdelaziz Bouteflika a, à son tour, écarté l’éventualité de reconnaître officiellement le berbère, si ce n’est à l’issue d’un référendum. Les Kabyles sont réticents à cette idée, qu’Idir considère comme «très dangereuse». «Si ce référendum a lieu, le résultat sera sans doute négatif, estime-t-il. Et si le peuple dit non à une partie de lui-même, cela signifierait que nous n’avons rien à faire ensemble. Or, à aucun moment de l’histoire, les Berbères n’ont souhaité l’indépendance, à l’exception de quelques illuminés.» Leur principale revendication est la reconnaissance de leur identité au sein de leur patrie. «En tant que Kabyle, je voudrais être un Algérien à part entière et non entièrement à part, comme c’est le cas aujourd’hui.»
Minoritaire en Algérie, comme en France, Idir opte pour le partage. Le titre de son dernier album, sorti chez Sony à la fin de 1999 (déjà disque d’or, soit 250 000 exemplaires vendus) n’est pas anodin: Identités, au pluriel. Il y chante avec, entre autres, l’Irlandaise Karen Matheson, l’Ougandais Geoffrey Oryema, les Bretons Gilles Servat et Dan Ar Braz, le Franco-Galicien Manu Chao, les groupes Gnawa diffusion et Zebda, d’origine berbère, arabe et française. Autant de représentants de cultures marginalisées, qui lui ont permis de montrer que sa culture «aussi minoritaire soit-elle, peut s’inscrire dans l’universel».

Samedi 10 Juin 2006
Culture : SHOW BIZ / ALGÉRIE PREMIÈRE ET BEUR TV LANCENT STARS PREMIÈRE 2005 A ALGER
Le baptême du feu


A l’image de ce qui se passe sous d’autres cieux, la chanson algérienne, à travers tous les styles et tous les genres, aura son propre “Awards”, version locale. Fait inédit dans le milieu “show biz” algérien, la première édition du premier trophée de la chanson, baptisé “les stars - première” connaîtra son baptême du feu dès aujourd’hui.
Cet événement culturel et artistique, sur l’initiative de NG Production, qui se définit comme une agence de communication événementiel, en partenariat avec la chaîne de télévision Algérie- Première et Beur TV, se veut, selon ses initiateurs, “un concept” culturel qui a pour vocation de récompenser l’effort intellectuel de l’artiste, mettre en valeur les talents créateurs, promouvoir la chanson algérienne dans toute sa diversité et asseoir une tradition culturelle”. L’organisation de cet événement se fera en deux étapes. La première concerne le vote du public pour choisir son artiste préféré, la révélation de l’année, l’album de l’année, les meilleures interprétations féminines et masculines,etc. la deuxième phase est la grande soirée des “stars premières”, en présence du grand jury, composé de grands noms de la chanson algérienne, des médias... Afin d’assurer un suivi concret, recueillir des voix et informer le public des dernières tendances musicales et évaluations des nominations, les promoteurs de ce projet comptent lancer une émission musicale en prime, baptisée “les rendez-vous des stars”, qui sera diffusée sur les deux chaînes de télévision, Algérie-Première et Beur TV, et ce, tous les jeudis pendant deux mois.
J. L. Hassani

Samedi 10 Juin 2006

Bonne nouvelle pour les amateurs de rites ancestraux, de senteurs aromatisées, d’effluves d’encens, de narguilés et de danseuses orientales : une kheïma spectacles modernes à l’image de celles de Dubaï et du Liban fait son apparition à Alger.
Les soirées estivales au complexe de Zéralda ne manqueront pas d’ambiance cette année. L’hôtel Mazafran vient de signer un contrat avec la chaîne de télévision Algérie Première et NG Production, une jeune société spécialisée dans l’événementiel à Tizi Ouzou. C’est au cours d’une conférence de presse organisée dans une kheïma à la Safex (Pins maritimes), en présence de Amine Hachemi, directeur à Algérie Première, Elie Assaf, directeur financier de la chaîne hôtelière Mazafran, et Nadir Guindouli, représentant de NGP, que les grandes lignes du programme artistique et culturel pour l’été 2006 a été dévoilé à la presse. Un programme très étoffé pour accueillir ceux qui auront choisi de vivre aux rythmes des traditions mêlés à une ambiance moderne. C’est dans une kheïma d’une capacité de trois cent cinquante places que le public pourra se délecter et savourer les menus concoctés par le chef exécutif. Par ailleurs, pour inaugurer le renouveau du Mazafran, une soirée VIP est prévue. Une soirée qui donnera l’occasion aux présents de rencontrer des comédiens très populaires à l’image de Mohamed Adjaïmi, Biyouna… et aussi des nouveaux artistes. Des interviews à la star, des séances de photographies, des dédicaces… Les soirées seront filmées pour une diffusion sur la chaîne française Télé-Plaisance. Comme il sera possible aux spectateurs de se procurer une copie en DVD. C’est aussi une façon de redonner à ces artistes la place qui leur revient dans le showbiz. Cette première soirée sera animée entre autres par le chanteur au mandole blanc, Mohamed Rouane, la danseuse orientale Lili Fardi. Et pour ceux qui auront eu le coup de foudre pour ce lieu, il est possible d’acquérir une carte de membre. Au-delà, à partir du mois de juin, des semaines culturelles nationales et internationales seront organisées au cours de l’année. M. Assaf a annoncé, par ailleurs, la lancement prochainement d’un restaurant libanais qui viendra rejoindre les autres spécialités proposées par l’hôtel, italienne, française, algérienne… Pour rappel, le Mazafran, qui a connu récemment une grande opération de lifting, dispose d’une salle de sports et d’une piscine olympique. A souligner que des soirées spécial étudiants, des défilés de mode, des Ladies Night (gratuit pour la gente féminine), auront lieu les lundis et mardis ainsi que des Happy Hours (deuxième boisson offerte) entre 14h et 18h sont prévus.
Sam H.
lesoirculture@lesoirdalgerie.com

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